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alger la blanche
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TchatcheBlog: alger la blanche

Catégorie : Internet
Créé le :  24 août 2006 11h35 par petalon
Modifié le :  03 avr. 2007 09h59
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Description :
bonne fete a tous les algerien


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Créé le : 03 avr. 2007 09h59 Article posté par : Web

Histoire de l'Algérie

 

L'histoire et la géographie de l'Algérie sont intimement liées. Ainsi, bien que la civilisation humaine au Maghreb remonte à des millénaires, ce n'est qu'à partir de l'Antiquité que cet espace commence à prendre sa forme actuelle en se scindant en trois régions-peuples :

Maghreb oriental, Maghreb central et Maghreb occidental. La région-peuple du Maghreb central évoluera au fil des siècles en l'État nation algérien moderne. Cet article traite donc de l'histoire de l'Algérie, et non pas seulement de l'histoire de la République algérienne

Préhistoire (- 1,8 Ma à - 7 500 ans)

Bien que l'histoire elle-même soit un agrégat de périodes, il est important de noter que celle-ci est elle aussi précédée d'une protohistoire et d'une préhistoire. Afin de présenter l'évolution d'un passé qui débouchera sur l'histoire, cette partie de l'article retrace brièvement la fin de la préhistoire de l'Algérie. Les premières traces de peuplement d'hominidés en Algérie remonteraient à environ deux millions d'années av. JC.'Aïn El Hanech

Le site d'Aïn El Hanech, dans la wilaya de Sétif est considéré comme le plus ancien gisement archéologique d'Afrique du Nord.

 

L'âge des vestiges est évalué par archéomagnétisme à 1,8 million d'années, coïncidant avec la période présumée de l'apparition de l'Homo habilis de Tighennif Le site acheuléen de Tighennif (anciennement Ternifine), dans la wilaya de Mascara, a livré des vestiges dont l'âge est évalué entre 800 000 et 400 000 av. JC. Parmi ces vestiges, composés essentiellement d'ossements animaux et d'objets de pierre taillée, les archéologues ont découvert les ossements d'Hominidé qui ont conduit à la définition de l'Atlanthrope, aujourd'hui considéré comme un Homo erectus.

 

 L'Atlanthrope avait un cerveau plus petit que celui de l'homme moderne et une mâchoire plus puissante, et il était un contemporain d'autres variantes de l'Homo erectus telles que le Pithécanthrope de l'île de Java.

 

 L'Atlanthrope vivait de la cueillette et de la chasse et se déplaçait fréquemment dans sa quête de nourriture.

 

 Il a occupé le Maghreb central durant plusieurs millénaires et fabriquait des bifaces et des hachereaux ainsi que plusieurs autres outils. Il disparaît vers 250 000 av. JC. En effet, c'est vers cette période, que lHomo erectus disparaît après près de 2 millions d'années d'existence (probablement en évoluant vers Homo heidelbergensis en Europe).

 

 Le peuplement de l'Algérie se composera alors exclusivement dHomo sapiens, originaires de la corne de l'Afrique, qui occuperont le Maghreb central pendant 150 siècles, de 250 000 à 50 000 av. JC, soit jusqu'à la fin du Paléolithique moyen. À partir de - 50 000 et jusqu'à - 20 000 av. JC, l'Acheuléen cède la place à l'Atérien

 

La civilisation atérienne (- 50 000 a – 7 500 ans)

 

La civilisation atérienne dont plusieurs vestiges furent retrouvés sur le site éponyme de Bir el-Ater, dans la wilaya de Tébessa, dure d'environ – 50 000 ans jusqu'à la révolution néolithique vers 7 500 av. JC. Durant cette période, vers 20 000 av. JC, de fortes pluies tombent au Sahara et au Nord de l'Algérie, créant ainsi un climat très humide, et favorisant le développement des populations d'éléphants, de girafes, de rhinocéros et autres, que les Atériens chassent en grands nombres.

Les fouilles archéologiques ont mis en évidence des armes probablement de chasse, très raffinées, faites de pierre, de bois et même de cordage, ce qui donne à penser qu'une civilisation très active habitait le site de Bir el-Ater. Les premières industries de fabrications de pointes de lances au Maghreb seront introduites par les Atériens et seront appelées Oraniennes (également Ibéromaurusienne). Ces industries semblent être apparues vers 15 000 ans av. JC aux alentours d'Oran, dans l'Ouest algérien, avant de se propager sur toute la côte maghrébine durant les 5 millénaires qui suivent.

La civilisation atérienne disparaît vers 7 500 av. JC, lors de la révolution néolithique. L'Homme de Néandertal a longtemps été considéré comme l'auteur de l'Atérien mais cette espèce est désormais perçue comme exclusivement eurasiatique. Il est probable que des Homo sapiens archaïques aient produit les outils atériens.

Avec la révolution néolithique apparaissent des sociétés sédentaires qui produisent leurs nourritures grâce à l'agriculture et à la domestication. En Algérie, cette révolution débouchera sur la civilisation capsienne.

 

Période : Protohistoire (-7500 à -2000 ans)

 

La civilisation capsienne: (-7500 à –2000)

 

La civilisation Capsienne, ancêtre des Berbères, apparaît avec la révolution du Néolithique entre 9000 et 7500 av JC et durera jusqu'à l'apparition de l'âge du fer vers 2000 av JC. Les Capsiens, ancêtres directs des Numides Berbères, apparaissent dans le sud constantinois d'abord, avant de se répandre dans l'ensemble du Maghreb. Les Capsiens qui habitaient des campements faits de huttes et de branchages s'installaient généralement sur des sites à proximité d'un oued ou d'un col montagneux. À cette époque la plupart du Maghreb ressemblait à une savane, comme en Afrique de l'Est aujourd'hui, avec des forêts méditerranéennes uniquement en haute altitude. Les Caspiens furent les premiers au Maghreb à domestiquer les ovins, ils fabriquèrent divers objets, y compris des objets d'art décoratif et des bijoux, tels que des colliers à partir de coquillages marins et diverses peintures abstraites et figuratives. Les Capsiens se nourrissaient d'ovins et de bovins, ainsi que de produits agricoles, mais également d'escargots.

 

En effet de vastes dépôts de coquilles vides d'escargots datant de l'époque capsienne furent retrouvés, notamment à Mechta Sidi El Arbi dans la wilaya de Constantine. Du point de vue anatomique les Capsiens étaient composés de 2 types raciaux : les Mechta Afala et les Proto méditerranéens dont certains pensent qu'ils auraient émigré de l'est. La culture Capsienne est reconnue par les historiens linguistes comme étant l'ancêtre moderne des langues berbères en Afrique du Nord, et la décoration de poterie capsienne est d'une grande ressemblance avec la décoration moderne de poterie Berbère. Peu de choses sont connues de la religion des Capsiens. Toutefois, leurs pratiques funéraires suggèrent que ces derniers croyaient en une vie après la mort, de par la présence de monticules de pierres, et de peintures figuratives. Vers 3000 avant JC les Capsiens commencèrent à migrer au sud de l'Atlas tellien et s'installèrent au-delà de l'actuel Batna et progressivement jusqu'au confins du Sahara qui se situait à l'époque plus au Nord, vers l'actuel Tamanrasset. Durant cette même période le Sahara s'est rapidement asséché, devenant un désert extrêmement aride, et resta ainsi jusqu'à ce jour. L'Algérie n'ayant pas connu l'âge du bronze, a l'instar de toute l'Afrique, la civilisation Capsienne survivra jusqu'au début de l'âge du fer, avec l'apparition des fournaises vers 1500 avant JC. Les Capsiens ayant migré au Sahara laisseront derrière eux des peintures rupestres magnifiques comme celles du Tassili N'adjjer datant de la période -5000 à –1500 ou celles de la région d'El-Bayadh et témoignant du mode de vie, de la chasse, de l'agriculture et des rites Capsiens, ainsi que de l'assèchement complet du Sahara qui commença à partir de –3000 et coïncida avec leur période. L'aridité du désert qui a suivi cette civilisation a permis de conserver naturellement ces œuvres dans des musées à ciel ouvert et cela à travers plusieurs millénaires. Aujourd'hui le contraste entre la luxuriance de la faune peinte sur cespeintures et l'aridité actuelle du désert du Sahara renforce encore leur attrait historique et artistique.

 

Malheureusement, ces peintures sont de nos jours menacées par la fréquentation touristique des sites rupestres du Sahara et les dégradations qui en découlent

Période : Antiquité (-1250 a l'an 250)

L'histoire de l'Algérie dans l'antiquité est marquée par l'émergence des royaumes de l'Âge de Fer qui s'étaleront sur une période d'environ 1500 ans. Ces royaumes seront d'abord les Gétules au sud du pays, et la fondation des comptoirs Phéniciens au Nord, ensuite les Garamantes et finalement les Numides

 

L'Algérie des Gétules : (-1250 à 250)

Le peuple Gétule, descendant direct de la branche de la civilisation capsienne ayant émigré au Sahara vers 3000 av. JC est certainement le peuple qui aura dominé de la façon la plus certaine l'Algérie durant les 1500 ans de son antiquité. Ils étaient selon l'historien grec Strabon le peuple le plus nombreux d'Afrique du Nord, mais également le moins connu.

Parmi les plus anciennes références aux Gétules sont vraisemblablement celles des Carthaginois qui indiquent que le prince des Gétules proposa d'épouser Élyssa (ou Didon pour les Romains), la reine fondatrice de Carthage (actuelle Tunisie) vers l'an 815 avant JC.

Toutefois il est à noter que des références en Égypte ancienne de certaines tribus Gétules remontent jusqu'à 1350 av. JC environ sous le règne d'Akhénaton de la XVIIIe dynastie qui parlent de commerce de bétail avec ce peuple. Les Gétules sont probablement à l'origine également du calendrier berbère qui commence vers 943-949 avant JC. Le début de ce calendrier ferait suite à la victoire d'une coalition de Gétules sur les Égyptiens. Cette coalition, formée par les tribus Gétules du Maghreb est partie du sud ouest algérien, renforçant ses effectifs en cours de route partout où elle passait au Maghreb. La coalition dirigée par Sheshonq (nom berbère) qui aurait vaincu le pharaon Psousennès II et fondé la XXIIe dynastie

en se proclamant pharaon. Sheshnaq aurait poursuivi ensuite sa percée vers le Moyen-Orient après avoir renforcé sa coalition en Égypte, il se mit à conquérir plusieurs territoires en Syrie, Palestine, Phénicie (actuel Liban) et dans le Royaume d'Israël. Il se pourrait que ce chef Gétule de la tribu des Machaouach soit également le personnage biblique mentionné dans l'Ancien Testament.

 

Les Gétules étaient de remarquables cavaliers et des nomades à l'origine qui se concentraient dans les oasis du Sahara central algérien. Il est probable que les Gétules aient découvert le cheval par le biais des Égyptiens, qui l'avaient eux-mêmes découvert par le biais des peuples d'Asie centrale. Il est également probable que les Gétules fussent poussés à suivre un lent flux migratoire vers le Nord, inversement à leurs ancêtres Capsiens, par la désertification progressive du Sahara et leur nombre croissant. En tout état de cause au fil des siècles les Gétules développèrent une cavalerie efficace, et devinrent un peuple nomade migrant du Sahara vers le Nord de l'Afrique en suivant deux routes principales. L'une sera celle des Gétules orientaux qui les mènera vers Chella, l'actuelle Salé au Maroc, et l'autre sera la route qui les mènera du désert vers Madaure (actuelle Mdaourouch dans la wilaya de Souk Ahras). Les Gétules concentrés autour de ce qui est aujourd'hui les territoires des Nememchas dans l'actuel Souk Ahras et Tébessa seront ainsi le premier peuple nomade en Algérie à remonter du désert vers le Nord pour exercer une pression sur les occupants des terres là-bas. En effet plus d'un millénaire après eux, les Berbères Sanhadja imiteront le même mouvement. Les Gétules pasteurs nomades et guerriers se sont longtemps contenté de mener des razzias occasionnelles contre les populations sédentarisées du Nord du pays tout en étant perpétuellement en mouvement. Toutefois entre le Ve et le IIIe siècle, leur puissante cavalerie, leur nombre impressionnant ainsi que leur naïveté politique fait qu'ils commencent à devenir l'objet de convoitise stratégique de la part des acteurs politiques de la région.

Lorsque la première guerre punique éclate en 264 av. JC le général carthaginois Hannibal Gisco les engage comme mercenaires à ses côtés. La principale raison était que la marine carthaginoise était dans un état si lamentable que Hannibal avait décidé de prendre la route jusqu'aux piliers d'Hercule (actuelle Gibraltar), il engagea la cavalerie Gétule pour l'accompagner. Celle-ci se révélera non seulement apte à traverser le Maghreb rapidement et sans problème, mais elle se révèle également d'une efficacité redoutable dans les campagnes de Hannibal de l'autre côté de la Méditerranée, à commencer par ses campagnes en Ibérie.

 

Deux siècles plus tard, les Gétules avaient acquis une grande expérience dans la guerre, mais surtout une forte expérience dans l'art de négocier leur force mercenaire. C'est alors qu'en 107 av. JC le roi Jugurtha des Numides, combattant l'armée romaine fera à son tour appel aux services des Numides. Les Gétules avant d'accepter, proposeront à Rome de faire mieux, le consul Marius offrira à ces derniers la promesse de leur livrer des terres Numides ainsi que la citoyenneté romaine en échange de leur soutien. Les Gétules combattront ainsi aux côtés des Romains. En 103 avant JC, Jugurtha sera vaincu. Les Gétules obtiendront alors la citoyenneté romaine en grand nombre et de grandes propriétés terriennes, confisquées à l'État numide défait, aux côtés des soldats Romains qui obtiendront chacun 252 hectares de terre. Rome cherchant à profiter au maximum de cette opération offrira des terres Numides en bordure avec la Maurétanie aux Gétules de sorte à consolider la frontière de leur nouvelle conquête

 

La sédentarisation soudaine des Gétules sur les terres confisquées ne sera pas facilement acceptée par les populations Numides défaites. Les Gétules continueront de soutenir les Romains pendant près d'un siècle pour écraser les révoltes populaires, allant jusqu'à participer en 19 av. JC à la répression d'une révolte aux côtés de Lucius Cornelius Balbus Minor. Cette révolte déclenchée à une échelle impressionnante avait enflammé toute l'Afrique du Nord de la Maurétanie à la Cyrénaïque (actuelle Libye) en passant par les territoires Garamantes au Sahara et Numides dans le Nord. Mais Balbus et ses alliés Gétules réussirent à l'écraser.

 

Après un siècle de sédentarisation, la pratique de la cavalerie gétule finit par disparaître, et le peuple Gétule avec. La distribution des terres éparpilla le peuple Gétule, et sa sédentarisation contribua à la disparition de sa cavalerie. Le peuple Gétule se fondit ainsi dans les populations du Nord de l'Algérie. Rome avait ainsi réussi un coup de maître en amadouant les Gétules et en les poussant à la disparition par la sédentarisation, car il ne fait aucun doute que les Gétules auraient constitué une menace sérieuse pour la colonisation romaine en Algérie particulièrement aux frontières Sud. Vers l'an 250 après JC, plus aucune référence n'existe au sujet de la culture et du peuple gétule

 

Les comptoirs Phéniciens en Algérie (-1250 à -146)

 

Les Phéniciens dans leurs efforts d'étendre leur réseau commercial dans tout le bassin méditerranéen commencèrent à essayer d'établir des contacts avec les populations du Nord de l'Algérie des 1250 avant JC.

Après la fuite de la princesse Elyssa au Maghreb oriental (actuelle Tunisie) qui y fonde Carthage en 814, les Carthaginois essayeront de pousser leurs navires jusqu'en Ibérie (actuelle Espagne).

 

Les côtes du Maghreb parsemées de hauts-fonds et de récifs étant difficiles à naviguer pour les navires primitifs des Carthaginois, ces derniers fondèrent avec l'accord des populations locales avec lesquelles ils entretenaient des liens commerciaux des comptoirs tous les 30 à 40 kilomètres le long de la côte algérienne, une distance équivalente à une journée de navigation par la mer. C'est ainsi que les comptoirs phéniciens de Annaba, Skikda, Collo, Jijel, Béjaïa, Dellys, Alger, Tipaza, Cherchell, Tenes, Bettioua et Ghazaouet seront établis. Ces comptoirs joueront un rôle aussi crucial dans le commerce en Méditerranée, que dans l'évolution des cultures locales par le biais des échanges d'idées et de communications. Ces comptoirs serviront quelques siècles plus tard aux Numides qui vont les occuper puis aux Romains qui les coloniseront et les utiliseront pour la conquête de l'Algérie. Les Carthaginois réussiront si bien dans leur commerce qu'ils établiront des comptoirs même a l'intérieur des terres au Nord de l'Algérie au sein de localités existantes telles que les comptoirs de Sarim Batim, que les Numides appellent Cirta (actuelle Constantine) ou Tiddis a 17 kilomètres de Cirta.

De cette pénétration des Carthaginois au milieu des populations africaines devait résulter une sorte de fusion qui aboutit à une large communauté ethnique et culturelle. La civilisation de Carthage avait pu s'imposer peu à peu mais à leur tour certaines coutumes indigènes marquèrent celles des Cartaginois. Par cette "africanisation", qui l'enrichit encore, la civilsation punique appartient authentiquement au patrimoine culturelle nord-africain[1.

 

Selon Jérôme Carcopino, "Il est hors de doute que ces colonies ont, à la longue, formé autant de foyers d'une civilisation mixte qui, de proche en proche, s'est propagée du littoral vers le continent et à fait prévaloir sur toute l'Afrique du Nord, et pour des millénaires, l'esprit de Carthage.

Le Sahara Garamantes (-500 à l'an 500)

Les Garamantes étaient un peuple qui a dominé le Sahara durant un millénaire pendant l'Antiquité d'environ -500 avant JC à 500 après JC. La question de leur origine exacte reste toujours posée et il existe deux hypothèses à l'heure actuelle. La première voudrait que les Garamantes seraient les cousins des Gétules et des descendants directs des Capsiens, mais qui contrairement aux Gétules n'auraient pas émigré vers les côtes méditerranéennes et qui seraient restés sur place dans le désert pour occuper l'endroit après la migration des Gétules vers le nord. L'autre hypothèse voudrait que les Garamantes soient un peuple venu d'une autre région que le Sahara (Afrique sub-saharienne ou Asie). L'utilisation toutefois des caractères Tifinagh par les Garamante, ainsi que la similitude entre l'art Garamante et l'art Capsien, et finalement la similitude entre les cavaleries Garamante et Gétules indiquent probablement que les Garamantes seraient des descendants de Capsiens et cousins des Gétules qui se seraient à leur tour sédentarisés au Sahara plutôt qu'au Nord.

Cela étant dit, le terme Garamante viendrait du nom de leur capitale Tagharma, qui signifierait en berbère ancien (proche du capsien) « citadelle fortifiée ». Tagharma, ou Garama en version gréco-latine serait la Djerma moderne. Les Garamantes seraient originaires de la région du Fezzan (en Libye actuelle) et auraient fondé un royaume s'étendant sur plusieurs dizaines de milliers de kilomètres carrés dans le Sahara couvrant des parties de l'actuelle Algérie, Libye, Mali, Tchad et Niger. La géographie de leur royaume, l'habileté de leurs guerriers et cavaliers, l'utilisation du Tifinagh, ainsi que la domestication du dromadaire n'est pas sans rappeler l'actuelle confédération des Touaregs, et il est probable que les Garamantes fussent leurs ancêtres directs, bien que cela n'est pas confirmé.

Le royaume des Garamante vivait du contrôle des routes sahariennes et avait établi des routes commerciales entre l'Afrique sub saharienne et la Méditerranée. Les Garamantes ont combattu constamment du Ve siècle av. J.-C. au IVe siècle av. J.-C. les peuples noirs de l'Afrique sub-saharienne pour affirmer leur contrôle de ces routes de commerce. Ils développèrent également l'agriculture aux alentours de leurs oasis fortifiées et devinrent ainsi un peuple très puissant et leur souveraineté s'étendait du Tchad au Fezzan, et du Tassili à Gao au bord du fleuve Niger. L'historien grec Hérodote (IV.183) écrivit environ 50 ans après le début de leur règne ce qui suit à propos de ce peuple saharien :

«À dix jours de voyage d'Augila, il y a également une colline de sel et une source d'eau, les palmiers y poussent abondamment comme ils le font près des autres collines de sel. Cette région est habitée par un peuple appelé Garamantes, un peuple très puissant qui recouvre le sel avec de la boue pour y semer ensuite ses cultures. C'est là que la route est la plus courte vers le pays des Lotophages, un voyage de trente jours. Dans le pays des Garamantes, on trouve des taureaux qui lorsqu'ils paissent marchent à reculons. Ils agissent ainsi parce que leurs cornes s'avancent tant vers l'avant de leur tête que, s'ils avançaient en paissant, leurs cornes se planteraient dans le sol. Ce n'est qu'en cela qu'ils diffèrent des autres taureaux, ainsi que par l'épaisseur et la dureté de leur cuir. Les Garamantes ont des chariots attelés a quatre chevaux, sur lesquels ils pourchassent les Éthiopiens Troglodytes qui, de tous les peuples dont l'écho ait pu parvenir à vos oreilles, est celui dont les pieds sont, de loin, les plus rapides. Les Troglodytes se nourrissent de serpents, de lézards et d'autres reptiles du même genre. Leur langage, contrairement à celui des autres peuples, ressemble à des couinements de chauve-souris… »

Le peuple éthiopien Troglodyte auquel Hérodote fait allusion est installé aujourd'hui dans le massif du Tibesti, et forme maintenant l'ethnie des Toubous. La cavalerie Garamante se distinguait au Maghreb par le fait qu'elle utilisait massivement le char tiré par un quatuor de chevaux. Les Garamantes menèrent quelques fois des attaques contre leurs voisins du nord également, notamment les Gétules, les Carthaginois et les Numides. Toutefois leur plus grande défaite leur sera infligée par l'Empire romain, qui soutenu par les Gétules et sous la direction de Balbus, consul d'Afrique de Rome envahira leur royaume et occupera leur capitale Tagharma (Garama). Les Garamantes maintiendront une certaine autonomie malgré l'occupation, grâce notamment à l'étendue du Sahara et à leur retour à des traditions nomades. Les Garamantes se révolteront et soutiendront même la révolte de Tacfarinas dans le nord du pays au début du premier siècle, mais Rome finit tout de même par vaincre et son influence et sa tutelle deviendra considérable sur ce peuple Saharien au point que lorsque l'Empire adopte la religion chrétienne les Garamantes feront de même vers l'an 400. Les Garamantes disparaîtront progressivement des références historiques à partir de cette date, pour plusieurs raisons. D'une part à la mort de l'Empereur Théodose Ier de Rome, l'Empire romain sombre dans une période de troubles internes et les Garamantes retrouvent leur indépendance, et d'autre part leur royaume ayant été brisé, ces derniers ne mèneront aucune action concertée politique ou stratégique jusqu'à l'avènement de l'Islam trois siècles plus tard, époque à laquelle ils ne s'appellent déjà plus les Garamantes

 

L'État de Numidie : (–250 à -25)

La période numide commence vers 250 avant JC avec l'émergence de deux tribus au nord de l'Algérie issues des Capsiens sédentarisés depuis le Néolithique : la tribu des Massyles à l'est et la tribu des Massaesyles à l'ouest. Ces tribus contrôlant les plaines entre la chaîne de l'Atlas et la côte méditerranéenne au Nord de l'Algérie arrivent rapidement à la confrontation.

 

Seconde guerre punique

La rivalité débute avec l'arrivée au pouvoir de Syphax en 215 av JC, roi des Massaesyles. Ce dernier veut faire de son royaume une puissance commerciale et militaire, et s'allie à Carthage dans sa lutte contre Rome. Syphax est toutefois gêné dans ses projets par la présence de la principauté des Massyles à l'Est commandé par le roi Zelalsen. Les Massyles occupent les terres entre le royaume de Syphax et Carthage, c'est ainsi que Syphax décide de se débarrasser d'eux. Il déclenche les hostilités avec l'aide de Carthage, il provoque des troubles internes chez les Massyles pour les affaiblir avant de les écraser. Zelalsen meurt rapidement et est remplacé par Gaia. Les Massyles se rapprochent de Rome mais rechignent à sceller une alliance durable. Syphax commet toutefois sa première erreur en cassant son alliance avec Carthage subitement et en s'alliant à Rome qui lui envoie trois centuries de soldats. Carthage se met alors à soutenir les Massyles, mais le roi Gaia meurt subitement. Son fils Massinissa qui à 17 ans remporte une victoire sur Syphax puis traverse la Méditerranée et s'en va remporter des victoires supplémentaires sur les Romains en Ibérie. Son corps de cavalerie composé de Massyles et de Gétules s'avère d'une excellente efficacité sous son commandement. Lorsqu'il apprend que son père meurt il revient d'Ibérie vers l'est algérien pour assumer le pouvoir et y trouve son royaume en proie à des luttes intestines. Pendant son absence, trois rois se sont déjà succédé sur son trône en quelques mois de l'an 206 avant JC. (Ozalces, Capussa et Lacumazes). Massinissa constate que pendant qu'il remportait des victoires pour les Carthaginois, ces derniers abandonnaient son royaume. Il se saisit du pouvoir, et casse son alliance avec Carthage, changeant de camp et s'allie à Rome. Il participe alors au côté des Romains à la bataille de Matka en territoire Carthaginois. Les troupes Carthaginoises commandées par général Hannibal réussissent à éloigner la cavalerie de Massinissa du champ de bataille en la poussant à un engagement un peu plus loin. L'infanterie Romaine commandée par Scipion l'Africain se retrouve alors coincée face à Hannibal et n'arrive pas a faire pencher la balance de son côté. Cependant, le brillant stratège que fut Massinissa réussit à remporter une victoire rapide sur les troupes carthaginoises et lance sa cavalerie ensuite sur le terrain de bataille principale. Son arrivée permettra aux Romains de vaincre l'armée carthaginoise et c'est ainsi que le général Hannibal fut capturé en grande partie grâce à la malice de Massinissa. Carthage a ainsi perdu la deuxième guerre punique, et Massinissa contrôle à présent tout l'est algérien. Massinissa s'engagera dans un ambitieux plan qui déterminera les frontières du nord de l'Algérie moderne. Il fait creuser avec l'aide des légions Romaines une fosse longue de plusieurs kilomètres avec l'actuelle Tabarka à l'Est et ses territoires annexés aux Carthaginois à l'Ouest. Il prend le contrôle ainsi de Cirta (Constantine), et en fait sa capitale. Massinissa s'attelle ensuite à réformer son royaume, à introduire l'agriculture céréalière, à reformer l'impôt fiscal, et à consolider son alliance avec Rome en même temps que son armée. Par la suite il décide de conquérir les territoires de Syphax, ce qui fut fait quelque temps après. Syphax et Massinissa développent une rivalité entre eux, et qui sera centrée non seulement sur la politique mais aussi sur une femme. Sophonisbe la fille du général carthaginois Hasdrubal dont Massinissa était amoureux aurait été livrée par son père défait par les troupes de Massinissa à Syphax son rival. Massinissa fera acheminer un poison à Sophonisbe qu'elle prendra pour se suicider avant de consommer son mariage avec Syphax pour sauver l'honneur de son amant.

 

 Unification

Son nom berbère est écrit dessous en tifinagh et en latin Massinissa ensuite se livrera à la conquête et au démantèlement du royaume de Syphax, ce qu'il réussira progressivement, unifiant la Numidie et établissant la frontière Ouest de son royaume au niveau de la rivière Moulouya, proche de l'actuelle frontière algéro-marocaine. Vers 150 avant JC, Massinissa dirige un royaume unifié et puissant, militairement et économiquement qui s'étend sur tout le nord de l'Algérie. Il a réussi à ramener sous sa coupe les tribus Gétules, à vaincre son rival Syphax, et à sceller une alliance solide avec Carthage. Âgé de près de 90 ans, Massinissa décide de provoquer à présent la chute de Carthage elle-même. Il cherchera à pousser Carthage à la guerre, et attaque plus de 70 villages Carthaginois sans prévenir. Carthage se voit obligé de répliquer pour se défendre, même si cela signifie la violation du traité de paix avec Rome, qui s'empresse de lui déclarer la guerre. Massinissa aura provoqué ainsi la troisième guerre punique juste avant de mourir, commandant lui-même ses troupes sur le terrain à plus de 90 ans. Carthage s'effondre deux ans plus tard en 148 av. JC.

Le règne puis la disparition de Massinissa fut le prélude à l'occupation Romaine de la Numidie. En effet, l'occupation Romaine de la Numidie fut précédée d'un long travail politique qui s'étala sur environ un siècle de -125 à -25. La Numidie effectua son premier rapprochement historique avec Rome avant même son unification, lorsque Syphax roi de la Numidie Occidentale scella une alliance avec Rome contre Carthage et la Numidie orientale. Toutefois lorsque Syphax, pour des raisons qui ne sont pas encore claires, décide de casser son alliance avec Rome la donne politique change définitivement.

 

 Les Berbères Numides utilisaient le mot “Taferka” qui signifiait “Terre” dans le sens de “propriété terrienne”, et le mot “Aferkiw” pour désigner celui qui vit sur la terre dans le sens de propriétaire terrien. La célèbre maxime numide traduite en latin par la suite a donné le mot “Africa” pour désigner les terres de la côte sud de la Méditerranée autour de la Numidie et de Carthage (plus tard et après l'Empire romain les Européens utilisèrent le mot ‘Afrique' pour désigner tout le continent africain).

 

L'histoire numide, a attribué la fameuse maxime « l'Afrique aux Africains ! » à Massinissa. Toutefois, l'École d'histoire algérienne fondée à partir de 1962 semble pencher pour une autre interprétation. En effet selon celle ci, il serait plus probable que la maxime « l'Afrique aux Africains ! » fut prononcée par Syphax et non Massinissa, lorsque Syphax décida de briser son alliance avec Rome soudainement, et de s'allier à Carthage l'Africaine. La raison pour laquelle Syphax décida de se séparer de Rome qui pourtant semblait avoir la main haute sur le conflit avec Carthage n'est toujours pas claire. Peut-être que Syphax, en stratège prévoyant avait-il compris que Rome finirait par vaincre Carthage avec le temps et qu'ensuite la menace romaine se tournerait vers la Numidie ? Cela est possible, mais en tout état de cause, l'école algérienne semble penser qu'il est plus probable que ce soit Syphax qui aurait prononcé la maxime « l'Afrique aux Africains! » et non Massinissa. Massinissa, l'unificateur de la

Numidie qui a défait Syphax par la suite, s'était allié aux Romains, lui qui leur avait infligé de sévères défaites pourtant en Ibérie. La raison pour l'alliance de Massinissa aux Romains est double : d'une part les Carthaginois semblaient jouer un double jeu avec son royaume, en lui demandant de combattre les Romains contre de l'argent, tout en encourageant les troubles politiques dans son royaume. D'autre part la défection de Syphax finit par convaincre Massinissa de s'allier à son ennemi d'hier Rome. L'alliance de Rome avec Massinissa provoqua des changements profonds dans la région. Massinissa alla de victoires en victoires, écrasant Syphax, unifiant la Numidie, affaiblissant Carthage avec l'aide de Rome, et finalement provoquant sa destruction ultime par Rome à la fin de son règne qui dura plus d'un demi-siècle. Le premier ancêtre de l'état algérien moderne, celui de la Numidie unifiée de Massinissa, fut un tel succès sous son règne qu'à sa mort, Rome ne pouvait voir, et ne voyait plus qu'une seule menace sur les côtes africaines : cette même Numidie de Massinissa.

 

Règne de Jugurtha

Ainsi après la mort du grand roi Massinissa, une crise de succession, vue d'un bon œil par Rome se produisit et qui plaça la Numidie dans des troubles politiques. Micipsa, fils de Massinissa assuma le pouvoir brièvement, et fit envoyer le très populaire Jugurtha, petit-fils de Massinissa, comme représentant en Ibérie pour l'éloigner du pouvoir. Micipsa nommera Gulussa vice-roi et ministre de la guerre et Mastanabal vice-roi et ministre de la justice. Après le bref règne de Micipsa, ses deux fils Adherbal et Hiempsal finiront par détruire tout le travail d'unification de Massinissa en divisant la Numidie de nouveau en Numidie Orientale et Occidentale. La crise politique encore larvée à ce stade entre Rome et la Numidie, finira par devenir publique lorsque Jugurtha, le très populaire petit-fils de Massinissa revient en Numidie et se saisit du pouvoir par la force en 118 av JC, en s'attaquant aux petits- fils de Massinissa (tuant Hiempsal et expulsant Adherbal qui s'enfuit à Rome) pour réunifier la Numidie et la remettre sur le chemin de la stabilité et du développement.

 Rome qui ne voit pas d'un bon œil cette réunification, se met alors à chercher des problèmes politiques à Jugurtha, en lui demandant de s'expliquer sur sa prise de pouvoir violente et l'expulsion d'Adherbal qui s'est réfugié chez eux. Jugurtha aurait répliqué dans son entourage qu'il est une chose qu'il avait apprise des Romains lors de son séjour en Ibérie : « Roma est urbs venalia » (trad. « Rome est une ville à acheter »), faisant ainsi référence à l'étendue de la corruption chez les officiels romains. C'est ainsi que Jugurtha se résoudra à acheter un répit en offrant de l'argent à des membres de la classe politique romaine pour les corrompre. Rome accepte alors de le laisser régner, mais seulement à condition que la Numidie reste divisée. Elle lui offre la reconnaissance diplomatique sur la Numidie occidentale, à condition de remettre Adherbal sur le trône en Numidie Orientale. Jugurtha accepta dans un premier temps l'offre de Rome. Cependant, ses intentions de restaurer la Numidie unifiée et forte à l'instar de celle que son grand-père avait construite reste les mêmes. C'est ainsi qu'en 112 avant JC, il décide d'envahir la Numidie Orientale, réunifiant ainsi la Numidie. Au passage il fait exécuter plusieurs hommes d'affaires romains qu'il trouve sur place en Numidie Orientale. Le gouvernement Romain furieux d'un tel développement est sur le point de lui déclarer la guerre, lorsque Jugurtha réussit de nouveau a corrompre les responsables en place à Rome. Cela a pour conséquence de calmer l'animosité envers lui a Rome, et même de lui procurer un traité de paix avantageux. Toutefois, quelques temps plus tard, et suite à quelques changements dans la balance du pouvoir à Rome, Jugurtha est convoqué à Rome pour s'expliquer sur la manière dont il aurait obtenu un traité de paix si suspect. Excédé, Jugurtha fait exécuter Adherbal en réponse, et la classe politique romaine se déchaîne alors et finit par demander l'invasion de la Numidie. Rome envoie le consul Metellus en Numidie à la tête de plusieurs légions pour punir Jugurtha et le déposer. Jugurtha réussira grâce à son intelligence et à son courage attestés à résister durant des années, en combinant des manœuvres militaires face aux Romains et politiques avec son voisin de l'ouest, le roi Bocchus Ier de Maurétanie. L'adjoint du consul Metellus, Gaius Marius entrevoyant une opportunité retournera à Rome pour se plaindre de l'inefficacité suspecte de son chef et demandera à être élu consul à sa place, ce qu'il obtint. C'est alors que Gaius Marius enverra son questeur, Lucius Cornelius Sulla en mission en Maurétanie pour négocier l'aide de Bocchus Ier. Bocchus acceptera alors de trahir Jugurtha, et aidera les Romains à le faire tomber dans un guet-apens ou il sera capturé. Jugurtha sera alors envoyé à la fameuse prison de Tullianum. Jugurtha sera exécuté tout de suite après la tradition du triomphe romain en 104 avant JC à la prison de Tullianum

 

Colonisation et découpage du territoire

Après la mort de Jugurtha, la Numidie occidentale sera offerte à Bocchus pour être rajoutée à son royaume de Maurétanie, tandis que la Numidie orientale sera gouvernée encore quelques temps par des princes Numides soumis à Rome. Le roi Gauda, demi-frère de Jugurtha, fut placé sur le trône pour succéder en premier à Jugurtha et régna de 106 a 88 av JC. Puis son fils, le roi Hiempsal II fut placé sur le trône et régna de 88 a 60 avant JC. Juba Ier arriva au pouvoir à l'âge de 25 ans après avoir reçu une éducation dans le style romain. L'arrivée de Juba Ier au pouvoir signifia un retour à la ligne royale légitime de Massinissa car il était l'arrière-petit-fils de Massinissa et fils du roi Hiempsal, lui-même fils légitime de Massinissa et assassiné par Jugurtha. Juba Ier, descendant direct de Massinissa fut ainsi placé sur le trône en 60 av JC pour succéder à Hiempsal II. Lors d'une visite à Rome, Jules César qui ne portait pas de barbe, l'insulta publiquement tout en tirant sur la sienne. Quelques temps plus tard, Gaius Quintus Scribonus Curio, un tribun (l'équivalent d'un parlementaire aujourd'hui) romain se mit à chercher des problèmes politiques à la Numidie pour le compte de Jules César. Curio est issu d'une famille noble et riche dont le père et le grand-père furent des personnages flamboyants, mais aussi à la fois des tribuns, généraux et hommes d'affaires. Gaius Quintus Scribonus Curio se ruina pour honorer leur mémoire, et fit construire le premier amphithéâtre de Rome en l'honneur de son père, et il y célébra plusieurs jeux là-bas. Écrasé par le poidsdes dettes, Jules Caesar lui proposa de payer ses dettes, à condition que ce dernier lui offre son soutien de tribun face à la Numidie, Curio accepta. C'est ainsi que Curio proposa en 50 av JC du haut de sa tribune que la Numidie soit tout simplement vendue tout entière à un Romain, c'est-à-dire que le pays numide soit privatisé. Plusieurs sénateurs ne prenaient pas Curio au sérieux dans ses affaires, toutefois Jules César le nommera général de l'Afrique un an plus tard et l'enverra soumettre Juba Ier pour faire de l'idée une réalité. Au même moment, Bocchus II, roi de Maurétanie et fils de Bocchus Ier, met ses armées en marche et la Numidie se retrouve attaquée sur deux fronts. Juba Ier envoie alors son lieutenant Sabura pour combattre les troupes de Bocchus II, tandis qu'il se porte lui-même contre les légions Romaines dirigées par Curio. La réplique Numide sera une réussite totale, et tandis que le lieutenant Sabura réussira à vaincre les armées Maurétaniennes, Juba Ier écrase les légions Romaines, et capture Curio lui-même, qu'il fait exécuter par ses hommes.

 

Juba Ier sachant pertinemment qu'il ne pouvait résister à Jules César qui avait étendu les frontières de l'Empire romain jusqu'en Gaule, et qui semblait déterminé à vaincre rapidement leur chef Vercingétorix, se résolut à s'allier à Pompée, le chef militaire qui avait ramené ses légions aux portes de Rome exigeant un triomphe, et qui avait écrasé la piraterie en Méditerranée ainsi que la révolte de Spartacus. Ce derniersemblait également être le candidat le plus sûr pour une alliance protectrice contre Jules César car étant le plus en opposition avec lui. Lorsque la confrontation entre Jules César et Pompée se transforme en guerre civile romaine en 46 avant JC, Juba Ier participe militairement au côté de Pompée dans la lutte contre les légions de César. À la bataille de Thapsus en 46 av JC, Jules César émerge en vainqueur, Pompée et Juba I sont poussés à la retraite. Juba Ier de retour en Numidie, se suicide avec l'aide de son esclave quelques jours plus tard, et la Numidie devient la province romaine de Africa Nova pendant 16 ans.

 

 Le fils de Juba Ier, prénommé Juba II sera pris à Rome ou il recevra une éducation très poussée qui lui permit de maîtriser parfaitement plusieurs langues à la fois. Il épousera par la suite Cléopâtre Selênê elle aussi retenue à Rome. Cléopâtre Selênê était la fille de Cléopâtre VII d'Égypte et de Marc Antoine, général et ami de Jules César. En 30 avant JC, Auguste dissout la province d'Africa Nova et place le fils de Juba Ier sur le trône sous le nom de souverain de Juba II, en espérant obtenir une nouvelle coopération entre la Numidie et Rome. Juba II gouvernera avec sa femme Cléopâtre Selênê la Numidie orientale ainsi durant 5 ans. Toutefois étant trop Romain pour les Numides, Juba II abdiquera face à des troubles politiques grandissant, et quittera la Numidie avec sa femme, mettant fin ainsi a la dynastie Numide après plus de deux siècles de règne. La Numidie orientale revient alors à son statut de province romaine sous le nom de Africa Nova. Juba II est alors placé sur le trône de la Maurétanie, qui conserve les territoires de la Numidie occidentale et il y régnera jusqu'en l'an -23. Son fils Ptolémée de Maurétanie lui succédera au trône jusqu'en l'an -40, suite à quoi l'empereur Caligula le fera assassiner après avoir décidé de faire de la Maurétanie une province romaine.

Caligula séparera alors la Numidie occidentale de la Maurétanie, et fera de la Numidie occidentale la province de Maurétanie Césarienne qui s'étendra de la

 

Kabylie aux environs de l'actuelle frontière marocaine (rivière Moulouya), tandis que la Maurétanie deviendra la province de la Maurétanie Tingitane.

 

 

 

Période : Première colonisation européenne (-25 à 647)

 

Occupation romaine: (-25 à 430)

 

L'interprétation historique de la conquête romaine en Afrique, et plus particulièrement sur le territoire de l'actuelle Algérie, est un sujet historique qui fut très controversé. Les premières fouilles archéologiques modernes en Algérie furent en effet menées par des fonctionnaires et militaires français après 1830 : en prétendant se placer en héritière des Romains, la puissance coloniale française cherchait à légitimer sa conquête. Aussi pendant très longtemps l'histoire de la conquête romaine fut écrite sur le modèle de la colonisation française. La décolonisation et l'indépendance en 1962 permirent un tournant historiographique important, marqué par la publication en 1976 du livre de Maurice Bénabou sur la Résistance Africaine à la romanisation. Dans l'important débat historiographique suivant cette publication des prises de position importantes eurent lieu. Si pour M. Bénabou les Africains avaient bien opposé une résistance à la romanisation, Y. Thébert insista sur la différence qui existait entre la colonisation romaine et la colonisation contemporaine : Rome s'appuie sur l'intégration des aristocraties locales, les Numides ne doivent pas être vus uniquement comme des vaincus, mais aussi comme les membres actifs d'une intégration à ce qui représentait alors le modèle politique dominant, et qui leur était familier puisque dès avant l'arrivée des Romains, les aristocrates numides connaissaient bien la culture hellénique. D'autre part dès la conquête avait commencé un profond brassage humain entre les immigrants venus d'Italie, les vétérans des légions qui avaient combattu au moment des guerres civiles notamment et la population indigène qui donnera à l'Afrique romaine sa physionomie si riche et si particulière[1]. La conquête romaine ne doit donc pas tant être vue comme l'affrontement de deux peuples que comme la résultante des tensions politiques internes des peuples intégrés à l'empire.

 

Selon l'historien algérien M. Kaddache L'Algérie dans l'Antiquité, l'exploitation romaine a eu pour effet de disloquer la société berbère et de faire régresser son niveau de vie. Les Gétules qui formaient la majorité de la population algérienne à l'arrivée des Romains en l'an –25 étaient de tradition nomade depuis des millénaires. Devenus des guerriers mercenaires depuis le IIe siècle av. J.-C., ces derniers après avoir offert leurs services aux Carthaginois, à leurs cousins numides et finalement aux Romains furent poussés à se sédentariser par ces derniers, tandis que les sédentaires Numides furent détachés de leurs terres  et réduits à l'exode . Le stratagème utilisé par Rome fut en effet ingénieux pour reformer le pays et peut-être résumé en trois étapes.

 

Sous Auguste (–25 à 25)

 

Durant le premier demi-siècle de l'occupation romaine en Algérie, l'effort romain consista à briser l'organisation sociale dans le pays. En effet les Gétules qui avaient été jusque là des nomades et ce depuis des millénaires avaient accepté près d'un siècle auparavant déjà, de combattre aux côtés des Romains contre le roi Numide Jugurtha, dès 118 av JC. En échange de leur participation importante dans la victoire obtenue par les légions romaines contre Jugurtha, ils se sont vu attribuer des dizaines d'hectares de terre, prises aux numides, ainsi que la citoyenneté romaine. La propriété terrienne chez les Numides était un point nodal du fonctionnement de leur société, et la célèbre maxime « l'Afrique aux Africains » prononcée par le roi numide Massinissa (par le roi Syphax selon certains historiens) plus de deux siècles auparavant signifiait avant tout que « la propriété terrienne maghrébine doit appartenir aux Maghrébins »… particulièrement dans son royaume Numide. « Taferka » (l'Afrique) signifiait la propriété de la terre chez les Berbères Numides et « Aferkiw » (les Africains) signifiait le propriétaire terrien. Ainsi en divisant pour régner, et en échangeant] les rôles des sédentaires et des nomades dans le pays, Rome brisa le tissu social berbère en Numidie pour mieux soumettre les habitants. Durant la même période, les villes numides, comme Cirta (Constantine), la capitale, furent investies par des colons romains, ainsi à Cirta et dans les villes voisines beaucoup des anciens mercenaires de Sittius s'installèrent.

 La réforme sociale du pays par l'occupation romaine eut diverses conséquences. Durant ce premier demi-siècle, entre l'an –25 et 25, les populations numides expropriées ne se résolurent pas à leur sort facilement, n'ayant pas beaucoup d'alternatives. C'est alors que plusieurs révoltes éclatèrent. Les Romains dont le nombre de troupes était inférieur a 20 000 exigeront alors des Gétules de former le gros des forces, pour écraser, sous commandement romain, ces révoltes. Les Gétules acceptèrent de lutter pour les Romains a partir de cette période donc sans contrepartie, c'est-à-dire en abandonnant leur pratique du mercenariat, car ils avaient leurs propriétés terriennes à défendre à présent, et donc leur statut social. C'est ainsi que dès 19 avant JC Balbus appuyé par une armée de Gétules écrasera une révolte remarquable, avant que Dolabella ne fasse de même avec l'appui Gétule encore une fois, lorsqu'une révolte dirigée par Tacfarinas éclate en l'an 17. Tacfarinas, un descendant de propriétaire terrien Numide exproprie, avait au début de sa vie active tente de survivre avec des petits emplois obtenus aux alentours des nouvelles villes Romaines. Il finit par s'engager comme auxiliaire dans l'armée Romaine, avant de devenir vraisemblablement excédé par la maigre solde et le traitement discriminatoire subit par les Numides. Il déserta alors l'armée, et se transforma en chef de bande et pillard, se révoltant ainsi contre l'ordre colonial. Au bout de quelques années, son exemple et ses méthodes furent une telle réussite qu'il parvint à fédérer des tribus numides Musulames, des tribus Maures ainsi que les Cinithiens et déclencha une révolte générale contre les Romains. Les Gétules encore une fois furent appelés à écraser celle-ci, mais à cette époque Rome avait déjà annexé ou transformé en état vassal, toute la côte du Maghreb jusqu'à Syrte (en Libye). Ainsi la révolte de Tacfarinas se propagea dans tout le Maghreb, et il fallut 8 années aux Romains et à leurs alliés Gétules pour l'écraser.

La révolte fut si populaire que même les Garamantes du Sahara vinrent soutenir Tacfarinas et plusieurs Gétules firent défection et rejoignirent les forces de ce dernier. La raison pour la défection de ces Gétules étant qu'à chaque fois que ces derniers étaient appelés à la guerre ils laissaient derrière eux leurs fermes, qui ne produisaient plus autant, et ils se retrouvaient alors privés de revenus pour payer leurs impôts. Certains finirent par crouler sous les dettes et durent vendre une partie ou toute leur exploitation, et c'est cette pratique constante de la guerre et son coût qui mena certains Gétules à rejoindre le camp de Tacfarinas. Toutefois la majorité des Gétules purent maintenir leur affaires profitables grâce notamment à des relaxes d'imposition de la part de l'administration romaine qui comprit rapidement la nécessite d'une telle mesure, ce qui fit pencher la balance du côté de Rome qui écrasa la révolte de Tacfarinas avec l'aide des Gétules en l'an 24.

De l'an 25 à l'an 100

 

Les multiples révoltes qui suivirent ainsi la dislocation de la société locale par les Romains poussa ces derniers à enclencher une deuxième étape pour affermir leur présence en Numidie et stabiliser leur nouvelle colonie. Cette deuxième étape du stratagème Romain qui s'étendit sur 75 ans, consista à procurer une alternative à la servitude et à la famine qui se profilait à l'horizon pour les dizaines de milliers de citoyens numides expropriés de leur terres et disposés à la révolte. C'est ainsi que Rome encouragea les vétérans de ses légions sur place à occuper les anciens emplacements des villes numides détruites telles que Icosium (Alger) ou Cirta (Constantine), et de les reconstruire dans le style romain, tout en fondant de nouveaux postes militaires qui devait devenir des villes, comme Sitifus (Sétif) ou Timgad (dont il ne subsiste aujourd'hui que de magnifiques ruines). Les gouverneurs romains n'avaient pas l'intention de se limiter à construire des casernes pour l'armée après avoir rasé les villes Numides, mais comptaient bien ériger des villes complètes, équipées de temples, d'amphithéâtres, etc. C'est alors que entre l'an 40 et l'an 90, plusieurs nouvelles villes romaines furent construites telles que Thamugadi (Timgad), Sitifus (Sétif), ou même reconstruites sur l'emplacement des anciennes villes Numides telles que Tipaza (l'ancienne Tafza Numide), Icosium (Alger), Caesarea, Cirta (qui deviendra Constantine), Hippo Regius, etc. Les ruines romaines à travers l'Algérie qui survivent jusqu'à aujourd'hui en témoignent encore, comme c'est le cas à Tipaza où presque toute la ville est conservée et où l'amphithéâtre semble demeurer intact. Pour construire ces villes, les peupler, et romaniser la population locale, les Romains accueillirent volontairement sur leurs chantiers, puis au sein de leurs villes, les vagues de citoyens numides descendants pour la plupart de leurs parents qui furent expropriés et qui étaient voués au nomadisme depuis… chose nouvelle pour eux et qui les avait propulsé soudainement dans la pauvreté extrême, la famine ou sinon le pillage et la révolte. C'est ainsi que l'Algérie vécut son première exode rural, et que ces villes devinrent rapidement des centres de commerce et de culture. Les terres intérieures alors sous contrôle Gétule allaient se retrouver alors rattachées aux villes peuplées de Numides par le commerce, et par extension au marché des diverses provinces de l'Empire romain. Pour solidifier et protéger cette nouvelle configuration du pays, les Romains engagèrent alors la

construction d'une frontière fortifiée en établissant plusieurs postes au sud de la Numidie, contournant les Aurès et le pays des Nememchas, avec les forts de Vescera (Biskra), Ad Majores (Hensir Beseriani), Castellum Dimidi (Messaad). Le but de ces forts était de prémunir la province contre d'éventuelles attaques des Garamantes, pour protéger la stabilité et la prospérité retrouvée des territoires Numides au moment où les Garamantes subissaient les assauts coloniaux de Rome.

 

De l'an 100 à l'an 235

Avec une nouvelle configuration sociale solidement ancrée, et un nouveau dispositif commercial ouvrant a la Numidie les marchés de l'empire Romain, la troisième étape du stratagème de colonisation Romaine vint toute seule. Ce fut celle du développement économique et de l'industrialisation durant 135 années. En effet, face à la demande toujours croissante en produits agricoles de tout genres de la part des villes Romaines en Numidie, les propriétaires terriens gétules et romains disposaient d'une main-d'œuvre expropriée et réduite à la servitude militairement, ainsi que de propriétés terriennes de grande taille et fertiles. Bien qu'une grande partie de la population numide choisie de se diriger vers les villes, plusieurs dizaines de milliers d'autres Numides choisirent de rester sur les fermes qui avaient appartenu à leurs parents, comme serviteurs des nouveaux propriétaires Gétules et Romains. Ainsi, sur des terres d'une fertilité remarquable, les nouveaux propriétaires terriens pouvaient se permettre de proposer des prix extrêmement compétitifs sur le marché de l'Empire romain grâce à cette fertilité mais aussi a une main d'œuvre réduite à la servitude et pas chère. Une fois les nouvelles villes Romaines construites, les vétérans Romains et les nouveaux citadins Numides qui s'y établirent se chargèrent à leur tour de consommer les produits de l'intérieur du pays, et d'importer des produits manufacturés tels que des outils agricoles pour les campagnes algériennes. Mais le décollage économique proviendra surtout de l'exportation de l'excès de production agricole, qui été proposé à bas prix, vers l'étranger. C'est ainsi qu'au bout d'un siècle d'occupation romaine, la plupart des villes romaines furent érigées et qu'au bout de deux siècles, l'Algérie de l'époque finit par obtenir le titre de « grenier de Rome » tant ses exportations de blé devinrent impressionnantes en quantité (jusqu'à dix millions de quintaux de blé par an) et en prix. La production se diversifia progressivement et se mit à inclure le cuir, les olives, les figues, et un début d'industrie se mis en place vers la deuxième moitie du deuxième siècle avec une production d'huile olive, de vin, etc, toujours croissante. En l'an 175, la Numidie, après deux siècles d'occupation romaine qui avait fait couler beaucoup de sang, était néanmoins devenue une province prospère, relativement urbanisée, et où la population berbère s'était en grande partie intégrée. Les Gétules furent intégrés très tôt dans l'Empire, et une grande partie des Numides devinrent citadins et s'intégrèrent également tout aussi bien. Cela se fit bien sur au détriment des cultures Berbères des Gétules et des Numides, car le pays connu une Romanisation profonde de la population.

Mais en contre partie cela permis aux Berbères de s'unifier, aux différences Numides-Gétules de s'estomper et aux Berbères romanisés d'accéder aux plus hautes fonctions de l'État romain. C'est ainsi que par exemple l'un d'entre eux, provenant d'une riche famille Berbère citadine de Ceasarea (Cherchell), de la classe sociale des Équestres (Chevaliers) accéda aux plus hautes fonctions de l'Empire. En effet, Amokrane, un Berbère romanisée devint Empereur romain en l'an 217 sous le nom de Marcus Opellius Macrinus

 

Le temps des troubles (de l'an 235 à l'an 395)

Les troubles politiques qui éclatèrent au plus haut niveau politique de l'Empire romain vers l'an 235 mirent un frein à la croissance économique[réf. nécessaire] de Rome, ce qui frappa l'économie de la Numidie de plein fouet. Les villes s'arrêtèrent alors de croître et les campagnes n'arrivaient plus à écouler leur production, et bientôt le pays se retrouva dans un déclin tout comme Rome elle-même. En l'an 238 les propriétaires Gétules se plaignirent de l'imposition fiscale élevée dans cet atmosphère de régression économique, mais leur plainte ne reçut pas de réponses favorables. Alors que rien ne fut fait pour remédier aux troubles politiques et à la crise économique qui s'installe dans le temps, plusieurs petites rébellions se déclenchent entre 253 et 288 tant en Numidie qu'en Maurétanie voisine. Pendant cette période, une nouvelle religion arrive de Rome. Le christianisme fait son entrée en l'an 256, et durant le siècle suivant, dans une atmosphère de déclin grandissant, les populations des villes côtières Algériennes, ainsi qu'une minorité de la population dans les campagnes se convertissent à la nouvelle religion. En 313, avec les crises politiques et économiques romaines qui s'éternisent, la nouvelle religion devient une arme qui servira d'alibi religieux à une nouvelle révolte qui sera encore une fois maghrébine. Mais cette fois la révolte est religieuse et politique. En effet, le culte Donatiste se développa en Algérie et en Tunisie comme une défiance politique à Rome. Les Donatiste refusant d'accepter l'autorité religieuse de l'Empereur, et exigeant la séparation de l'État et de la religion, finiront par déclarer l'empereur comme étant le diable en personne, à l'opposé de Jésus qu'ils considèrent être Dieu et ils rejetteront le rite catholique à partir de là. L'Empereur enverra alors ses troupes pour les réduire au silence, dans ce qui sera la première persécution de chrétiens contre des chrétiens. La répression ne fit qu'accroître le soutien populaire des Donatistes chez le peuple et en 321 les légions Romaines venues réprimer les Donatistes se retirèrent. Toutefois vers l'an 340, l'idéologie Donatiste donne naissance a une secte populaire, celles des Circumcellions, littéralement ceux qui encerclent les fermes. Comme le culte Donatiste célébrait les vertus du martyr, les Circumcellions devinrent des extrémistes qui ne considéraient que le martyr comme étant la véritable vertu Chrétienne et laissèrent de côté toutes les autres valeurs de leur religion telles que l'humilité, la charité, etc. Les Circumcellions se mirent alors à se munir de matraques de bois, refusant de porter des armes en fer, car Jésus avait dit à Pierre de poser son épée selon la tradition chrétienne. Ainsi, munis de leur matraques, ils se mirent à attaquer les voyageurs sur les routes du pays, puis à se diriger sur les fermes des propriétaires terriens, à les encercler et les attaquer. Le but des Circumcellions était de mourir au combat en martyr, et ils espéraient que leurs attaques violentes munis de matraques de bois seulement pousseraient leurs ennemis à riposter avec des armes plus sophistiquées et à les envoyer ainsi au paradis. Ces extrémistes tuèrent, violèrent, volèrent, plusieurs propriétaires terriens et leurs familles, ainsi que les voyageurs, et lorsqu'ils n'arrivaient pas à se faire tuer, ils finissaient par se suicider en essayant de sauter duhaut d'une falaise, ce qui les précipitait à leur mort. La secte des circumcellions violemment réprimée disparue vers le IVe siècle. Ce dérapage du culte donatiste eut pour conséquence de noircir encore plus leur réputation à Rome.

 

De l'an 395 a l'an 430

 

Alors qu'en l'an 395 l'empire se divise en deux et que l'Afrique du Nord est abandonnée à son sort les Donatistes reprennent leur tentative de dominer la scène politique et religieuse de plus. Finalement excédé, l'empereur de Rome les déclarera en l'an 409, hérétiques et leur réclamera de restituer toutes les églises en leur possession en Afrique du Nord. Il enverra plusieurs légions qui seront d'une férocité terrible envers les responsables religieux du culte, et parfois même envers les membres parmi le peuple. Saint Augustin, qui été alors l'évêque catholique d'Annaba essaya de clamer la colère de l'administration romaine, en plaidant pour un traitement plus humain des Donatistes. Cela ne servit pas à grand chose, et les Donatistes disparurent presque complètement, seule une minuscule communauté survivant dans la clandestinité jusqu'au VIe siècle. Quelques années plus tard en 430, ce sera tout l'Empire romain qui se retirera de l'Algérie sous la pression des Vandales qui envahissent le pays. Le 28 août 430, Saint Augustin l'un des derniers symboles de l'intégration de la population au sein de l'Empire romain trouvera la mort durant le siège de Annaba par les Vandales qui ont envahi le pays. Mais le bilan de la présence romaine, que ne restaureront que très partiellement les Byzantins lorsqu'ils conquerront l'Afrique à partir de 533, est très largement positif : Rome y a bien donné naissance à une civilisation originale

 

Domination Vandale (430 à 533)

 

L'histoire des Vandales est celle d'une coalition de tribus scandinaves constamment assaillie, repoussée et forcée à quitter ses terres, et qui finira par se résoudre au combat, obtenant ainsi leur premier État qu'ils fonderont en Algérie après avoir établi leur capitale a Bejaia, dans la petite Kabylie. Lorsque leur État disparaît après un siècle d'existence, le peuple vandale s'intègre alors à la population algérienne.

 

Vandales : de l'origine à l'an 430

 

Vers 200 avant JC, une vague de tribus scandinaves s'était mise à traverser la mer Baltique, pour débarquer sur les territoires de l'actuelle Pologne. Ainsi, vers la même période durant laquelle l'État de Numidie s'affirmait en Algérie, soit entre l'an –200 et l'an -120, les Vandales arrivèrent de Norvège (Hallingdal), de Suède (Vendel) et du Danemark (Vendsyssel) pour s'installer dans la région de Silésie, qui correspond aujourd'hui à la région frontalière entre la Pologne et la République tchèque. Les Vandales, divisés en deux grands groupes tribaux, les Silingi et les Hasdingi, se séparèrent à partir de là. Les Silingi restèrent dans la région de Magna Germania qui est celle de Silésie, tandis que les Hasdingi continuèrent leur migration et se déplacèrent vers l'Ouest pour s'installer dans la région historique de la Germanie Orientale (entre la rivière Oder et la rivière Vistule). Gaius Cornelius Tacitus, l'un des plus connus historiens romains notera en effet leur présence en Germanie orientale en l'an 98. Entre l'an 100 et l'an 200 environ, les Vandales Hastings se retrouvèrent sous la pression des Goths qui arrivaient et s'installaient en Germanie Orientale, et celle de l'Empire romain. Les Vandales furent alors pousses à quitter la Germanie Orientale sous la pression des Goths qui s'implantaient dans la région etdescendirent vers le Danube ou ils attaquèrent l'empire Romain dans cette région. Les Romains alors, signeront un traite de paix avec eux, et les autoriseront à vivre et s'établir en Europe Centrale, en Dacie (actuelle Roumanie) et en Hongrie romaine. Deux cent ans plus tard toutefois, et sous la pression de l'avancée des Huns, les Vandales, ainsi que leurs allies Sarmates Alains et leurs allies Germaniques Suèves, furent obligés de se déplacer vers l'Ouest pour fuir. Quelques-uns uns des Vandales Silings qui s'étaient installés en Silésie depuis quelques siècles vinrent les rejoindre, et toutes ces tribus se placèrent sous la direction du roi Vandale Godégisel. La fédération des tribus dites Vandales devint ainsi très large, et durant cette période adopta le christianisme comme religion. Le christianisme que les Vandales adoptèrent toutefois été l'Arianisme qui était en opposition avec la doctrine de la Trinité prônée par Rome. Les Vandales se déplacèrent ainsi a l'Ouest en suivant le Danube sans trop de difficulté et pénétrèrent en Gaule où les fédérés francs de l'Empire leur refusèrent le passage. Les francs tuèrent 20000 Vandales durant ces combats y compris le roi Godegisel. Toutefois, grâce à l'aide des Alains, les Vandales finirent par vaincre les forces de l'Empire, et traversèrent le Rhin gelé le 31 décembre 406. Sous la direction du roi Gundoric, fils de Godisel, les Vandales traversèrent alors la Gaule du nord au sud en pillant les territoires de l'Aquitaine. En octobre de l'an 409, l'alliance vandale traversa les Pyrénées. Les Romains les autorisèrent alors officiellement à s'installer en Ibérie, et offrirent aux Alains la Lusitanie (Portugal), et aux Vandales la Galice ainsi que la Basse Espagne (Hispania Baetica). Les Vandales, ravis d'avoir enfin leur territoire, et pensant y établir leur État la baptiseront Wandalus (Terre des Vandales) qui deviendra plus tard l'«Andalusia » arabo-berbère, puis espagnole. Malheureusement pour les Vandales, leur tranquillité fut de courte durée, et quelques années plus tard, les Wisigoths, l'une des deux grandes tribus Goths (l'autre étant les Ostrogoths), qu'ils avaient déjà fuit une fois, se mirent à envahir la péninsule Ibérique. En 426 les alliés Alains des Vandales se firent massacrer au nord de la péninsule et leur roi Attaces trouva la mort durant cette attaque. C'est alors que les Alains iront se réfugier au sud chez les Vandales en Wandalus et offriront leur couronne a ces derniers. Gunderic, roi des Vandales acceptera alors, se baptisant dès lors « Rex Wandalorum et Alanorum » (Roi des Vandales et des Alains).

 

Vandales en Afrique du Nord : De 430 à 477

 

Afin d'organiser une nouvelle migration face à la déferlante Wisigoths, le nouveau roi Genséric, qui succéda a son demi-frère le roi Gunderic, comme roi des Vandales et des Alains, fit construire une énorme flotte pour faire traverser aux tribus le détroit de Gibraltar. C'est ainsi qu'en 429, plus de 80000 Vandales et Alains, dont 20000 hommes en armes, conduits par leur roi Genséric I, franchissent le détroit de Gibraltar et débarquent en Maurétanie. Des l'année suivante en 430, ces derniers sont déjà dans l'ouest Algerien.

 

Les Vandales trouvent sur place une population favorable aux thèses chrétiennes qui rejettent le dogme de la Trinité romaine et contestent la filiation divine de Jésus. En effet les Berbères des riches campagnes agricoles d'antan, qui se trouvent être a l'époque en pleine crise économique, laissent le passage libre a cette impressionnante armée Vandale, qui semble a leurs yeux venger le fait que Rome vient de déclarer vingt ans auparavant (en 409) leurs croyances mutuelles comme des hérésies. En effet le donatisme qui prévaut au Maghreb, est similaire, voire plus extrême dans sa tendance du refus de l'autorité et des dogmes de l'Église catholique que l'arianisme suivi par les Vandales. L'arianisme étant à l'origine les enseignements du prêtre Arius de l'église d'Alexandrie d'Égypte (l'église Copte) qui enseignait que Jésus était un homme comme tous les autres, plutôt que le fils de Dieu. Les Vandales concentrèrent ainsi leurs attaques sur les villes côtières sous emprise romaine, et ou l'Église catholique s'était saisie des églises Donatistes. Ils s'offrent par la même la complicité morale, voir même le soutien matériel des populations Berbères du nord de l'Algérie. Durant l'année 430 les Vandales traversent ainsi le pays d'Ouest en Est, attaquant les différentes citadelles romaines ou les prêtres catholiques nouvellement installés dans les églises donatistes sont présents. Le 28 août 430, les Vandales prennent Hippone (actuelle Annaba) après un bref siège de la dernière ville de l'Est de l'Algérie. En prenant cette ville, ils auraient tué l'évêque catholique berbère, Saint Augustin.

Les Vandales commencèrent ainsi à établir leur autorité sur toutes les villes du nord de l'Algérie, envoyant le clergé catholique en exil à Gafsa dans le sud tunisien, tuant parfois certains membres de l'Église catholique, et dissolvant les monastères. La population citadine est sommée de s'acquitter de la dîme en échange du droit d'être laissée en paix et de pouvoir pratiquer le catholicisme. Les Vandales ne martyriseront toutefois pas les catholiques, et comparé à la façon dont certains prélats catholiques traitent à ces époques leurs ouailles récalcitrantes, leur traitement des catholiques est peu de choses. Toutefois pour les apaiser, Rome en 435 les autorise, une nouvelle fois à s'établir officiellement sur un de ses territoires, cette fois-ci, sur les restes de la Numidie. Genséric établira la capitale de son nouvel État alors à Saldae (Bejaia) qu'il a capturé aux Romains, et où il fera accoster les navires vandales qui auront servi à faire traverser Gibraltar à son peuple. Genséric fera alors fortifier sa nouvelle capitale avant de se lancer dans d'autres projets d'expansion. Fort de leur nouvelle puissance, de leur domination des villes côtières, et d'une complicité avec l'intérieur du pays les Vandales refusent cette fois ci de s'arrêter en si bon chemin, et s'attaquent à Carthage en 439, siège de l'Église catholique d'Afrique, qu'ils capturent. Débarrassé de la présence de l'Église romaine catholique au Maghreb, le roi Geiséric I des Vandales commencera alors à construire le royaume des Vandales et des Alains. Lançant ses attaques navales a partir de sa capitale Bejaia, Genséric s'engage dans la conquête des grandes îles de la Méditerranée occidentale. Il capture rapidement la Sicile, la Sardaigne, la Corse et les îles Baléares, grâce à l'immense flotte navale qu'il avait fait construite quelques années plus tôt. Rome, face à ces nouvelles pressions militaires Vandales, offrira un accord de paix à Genséric en échange du retour de la Sicile dans le giron de l'Empire. Devenu plus pragmatique que religieux avec tant de nouvelles dominions, Genséric informe en l'an 442, Valentinien III, empereur romain d'Occident qu'il accepte l'offre et restitue la Sicile à Rome.

 

Le répit que Genséric offre aux Romains ne sera toutefois que de courte durée. En 455, ce dernier se lance dans des opérations contre l'empire romain occidental, et, le 2 juin, ses armées pénètrent à Rome. Les Vandales repartiront avec de riches prises, dont des plusieurs coffres d'or, des vestiges du temple de Jérusalem, ainsi que l'impératrice Licina Eudoxia. Celle-ci refusera de retourner à Rome, et épousera Genséric pour devenir la mère du futur roi des Vandales : Hunéric. Les deux filles de l'impératrice, Eudocia et Placidia, également prises durant le sac de Rome, seront libérées en 462 contre une forte rançon de la part de l'empereur Byzantin Léo I.
C'est ce grief du pillage de Rome « Ville Éternelle », qui sera principalement retenu contre les Vandales pour créer leur mauvaise réputation, bien que ce pillage ait été exécuté en bon ordre, sans aucun sévice contre la population. Alors que le sac de Rome, beaucoup plus brutal par les Wisigoths en 410 ne fût pas retenu contre eux.
En effet, dès leur installation en Algérie ces cavaliers, deviennent des marins, grâce d'abord a l'importante flotte construite par Geiséric qui leur permis de traverser le détroit de Gibraltar et de s'y installer. Les Vandales pourront des lors se permettre de multiplier les expéditions dans toute la Méditerranée, jusqu'en Grè